Tissage en Colombie
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En attendant un prochain article sur Bessey (ce salon fut un succès, félicitations Chantal), je fais un "copier-coller" d'un mail que j'ai reçu de Colombie, de la part de Pierre Raymond :
"Madame,
Je suis tombé par hasard sur votre site en tapant « rouet quenouille fuseau », et j’ai eu intérêt et plaisir à le parcourir.
Je suis un chercheur en sciences sociales installé en Colombie depuis 1979. Je travaille essentiellement des thèmes de recherche ruraux.
C’est au cours d’une de ces recherches que je suis tombé sur trois vieilles dames qui étaient les seules dans la région, où je travaillais sur la tradition d’un sucre brun, à encore cultiver, égrener, filer et tisser le coton selon des techniques ancestrales, certaines d’origine indienne (le peuple précolombien local, les Guanes, travaillait le coton), d’autres ayant été apportées par les conquistadors.
J’ai publié en 1981 en Colombie sur ce sujet un livre, « Vida y muerte del algodón y los tejidos santandereanos », qui a fait l’objet d’une postérieure réédition (1987) et, en 1990, d’une exposition de la Banque de la République, principal mécène culturel de ce pays.
Cette recherche a éveillé l’attention de diverses ONG, qui ont conduit à la renaissance de cette activité, tant dans un but de récupération d’un élément de la culture locale que pour permettre à des femmes aux ressources limitées d’améliorer leur niveau de vie.
L’intérêt pour l’histoire des textiles de cette région de Colombie m’a conduit à élaborer deux projets de musées textiles dans cette région. L’un, dans le village de San José de Suaita, concerne une industrie qui fonctionna de 1912 à 1980, et tenta vainement d’industrialiser cette activité traditionnelle. L’autre, à Charalá, le village où j’avais réalisé la recherche sur l’histoire de la tradition artisanale de coton. Le premier vient d’être inauguré en mars. Il a pu se concrétiser grâce à l’appui d’un maire qui espère en faire un moyen d’attirer des touristes dans son village. L’autre n’a pas su encore séduire les autorités locales, sans doute dû au fait que ce sont d’humbles villageoises qui vivent de cette activité, et que le but dans ce village est de créer un musée qui soit à la fois une maison des fileuses et tisserandes.
J’ai pu observer dans votre site que vous vous intéressiez aux tisserands du Tiers Monde et que vous manifestiez une sensibilité aux problèmes des pays pauvres. C’est pour cela que je me suis permis de vous écrire. Je vous envoie en courrier attaché quelques documents en français sur le projet de musée de Charalá, qui ne pourra sans doute ne se réaliser qu’avec l’appui de nombreuses aides extérieures. Je vous indique également un site où vous pourrez avoir quelques détails de plus sur ce projet et de façon plus générale, sur le reste de mes activités en Colombie : http://www.pierreraymond.net/Pages/ProyectoCasaComunitariaFR.htm .
Ce site est encore en cours de mise au point. Il comprendra plus tard les textes complets de mes travaux sur le textile ainsi qu’une visite virtuelle du musée de San José de Suaita.
Peut-être vous importera-t-il d’inclure de lien à ceux que vous avez dans votre site, et de répondre à ce courriel.
Bien à vous,
Pierre Raymond"
Bien sûr, c'est avec plaisir que je prépare un texte sur le site au sujet du travail de Pierre Raymond !!


